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MessagePosté: Mardi 11 Juin 2024 8:41 
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Triposteur débutant
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Enregistré le: Dimanche 14 Novembre 2021 2:21
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La course

Quand on monte dans le bateau au petit matin, on a du mal à croire que ça y’est, le grand jour est arrivé ! L’ambiance est assez détendue, on discute et on rigole assez facilement avec les voisins de galère. Départ du quai à 4h40, on est à côté du départ à 5h. A partir de 5h10, on saute à l’eau. Le gros du troupeau a sauté vers 5h20 ; 10 petites minutes à barboter dans l’eau ou debout sur les hauts fonds. 10 petites minutes qui passent très vite. Un coup de klaxon à peine audible du bateau et l’atmosphère se remplit
du bruit des mains et des pieds qui frappent l’eau. La course est lancée !

Ca nage vite et fort dès le début, je ne pensais pas qu’il y aurait l’effet « machine à laver » sur une nage aussi longue. Je pose assez vite ma nage sans trop réfléchir à la distance qui me reste à parcourir. En milieu de parcours, les costauds qui visent l’heure sont devant et je me retrouve à nager dans les pieds de personne… seul regret sur cette partie car je me fais avaler par un gros groupe sur la dernière centaine de mètres avant la sortie. 1h08, à la sortie, qui est passée au final assez rapidement : on arrive quand même à profiter des montagnes qui se découpent sur le ciel de l’aube naissante.

En sortie d’eau, je file vers ma caisse et fais un changement de tenue intégrale. Les mains tremblent encore, on a du mal à enfiler les chaussettes et la pression monte car le flot de triathlètes est ininterrompu dans la tente, il y a du monde au portillon !

Le départ à vélo se fait au sec, premier bon point. Les cheveux sèchent rapidement et le premier objectif se profile au loin : la montée au Semnoz. Je sais que mon point fort sont les parties montantes sur le vélo, je peux donc doubler rapidement une bonne vingtaine de meilleurs nageurs que moi, tous tout à gauche sur les vitesses. Je monte tranquille, sans trop forcer, en sachant que la route est encore longue. A la moitié de la montée du Semnoz, je me fais rattraper et doubler par un copain très costaud à vélo, je profite du coup de boost : je le suis sans me cramer jusqu’au sommet. C’est un changement d’intensité intéressant, qui me permet de mettre du rythme dans la montée sans me faire exploser. [30 kms] Au sommet, on a à peine le temps de profiter de la vue qu’on bascule de l’autre côté. Je ne m’arrête pas au ravito : c’est autant de temps de gagné !

S’en suit donc une longue descente puis un replat où les rouleurs sur leurs prolongateurs me dépassent à toute allure. Une fois le pont sur le Chéran passé, on se dit qu’on attaque le deuxième chapitre de la partie vélo : la double boucle dans les Bauges. On commence par la partie la plus dure, une belle côte avec des passages bien raides puis un long faux plat montant interminable. Les quelques supporters sur les bords de la route font du bien à la tête. Je profite de chacun d’eux pour rigoler et les remercier : un état d’esprit positif c’est toujours porteur. Avant d’atteindre le second ravito, nous voilà bloqués par un feu rouge. 1 minute 45 à attendre… aucune voiture ne passe, mais avis préfectoral oblige, on doit jouer le jeu. Un seul de la trentaine des triathlètes arrêtés essaye de resquiller, les autres sont bons joueurs. [70 kms] Ravito rapide (remplissage des bidons) puis j’attaque le deuxième bras de la boucle, qui est le plus roulant. Quelques averses rafraichissent l’atmosphère (il fait bon, pas froid) mais donnent quelques sueurs dans les virages.

J’arrive au premier gros ravito de Lescheraines [105 kms] où je ne m’arrête que pour remplir les bidons, remplir les poches et manger un bout. Les jambes vont bien, le moral va bien : tout va bien ! J’ai même de l’avance sur mes prédictions de passage – cool !

Après une grosse dizaine de minutes, j’attaque de nouveau la boucle. On revoit quelques têtes connues, on se rappelle des portions les plus dures et celles dont on vient le plus vite à bout. Pas de chance de mon côté, je me tape de nouveau le feu rouge… j’optimise mon temps pour aller pisser un coup, déjà ma troisième fois (j’ai dû boire la moitié du lac !).
Sur tout le vélo, je joue au chat et à la souris avec mon copain à vélo qui est moins régulier que moi. S’il me dépose dans les relances un peu raides, je réussis à la rattraper sur les portions plus roulantes. Avoir une tête connue toujours en ligne de mire fait du bien au moral, on se tire la bourre, on s’encourage, on discute en gueulant, ça aide à faire passer le temps. Le Garmin est aussi un bon allié : pas maso, je n’affiche pas les kilomètres parcourus mais seulement ma vitesse, mon capteur cardiaque (pour ne jamais dépasser mon seuil et attaquer le lactique) et le temps écoulé.

Les heures défilent, découpées par les rappels ravitaillement toutes les 45 minutes. Gomme, Cliff, Gomme… Eau, énergie, eau... Régularité, c’est mon maitre mot. Je relance dans une côte, une crampe au psoas se profile. Oups. Je me rassois, je mouline et descend mon bidon… je ne les attendais pas aussi tôt ! Mais, toujours, se nourrir des encouragements des supporters inconnus ou personnels : ma conjointe a quadrillé le parcours et je la retrouve régulièrement, en coup de vent. Elle a le boulot ingrat, des kilomètres de route pour un bravo !

Je peux discuter un peu plus avec elle au deuxième ravito de Lescheraines [150 kms]. Je refais le plein de nourriture solide, en prévision de la course à pied : mon estomac n’aura plus très envie de digérer tout ça dans quelques heures. Quelques échanges, des encouragements et je remonte sur le vélo : surtout, ne pas perdre trop de temps sur les pauses ! La dernière montée pique plus que les autres : il fait chaud, la fatigue commence à se faire sentir mais je rattrape des concurrents du L. Pas cool pour eux, mais les doubler me fait aussi du bien à la tête. Etat d’esprit positif ! Une fois à Leschaux, le tour est joué : mon Garmin me montre un profil qui plafonne et redescend… enfin, la dernière descente.

Prudent, je ne fais pas le malin et ne cherche pas à faire une descente de vélo dans les règles de l’art. Je garde les chaussures au pied et saute juste avant le drapeau. Je prends ma caisse de course à pied, m’assoit dans la tente et clac, la crampe du psoas qui revient. Ni assis, ni debout, j’essaye de me relever. Le bénévole à côté aimerait m’aider mais ne sais pas quoi faire… et moi non plus ! Heureusement, j’ai une gourde d’électrolytes et en vide la moitié. Du sel, en espérant que ça passe. Je me change maladroitement, en essayant d’éviter toute mauvaise position et peux attaquer la course à pied.

Il est à peine 14h, je sais que j’ai le temps pour la cloche : maintenant il faut gérer. La bonne surprise, c’est que je me sens des super jambes sur le début de course à pied. Je jette de temps en temps un œil à ma montre et je vois que je suis sous les 5’ au kilomètres… c’est royal, j’essaye de trouver un rythme qui me garde sur le fil : aller le plus vite tout en essayant d’éviter au maximum le creux de la vague. Comme sur le vélo, je mise sur l’autonomie dans le ravitaillement. Mes deux flasques de 500 mL ballotent lourdement sur mes épaules sur les premiers kilomètres mais elles me permettent de boire régulièrement à petite gorgée. Je termine le premier tour avec un comité d’accueil en or : conjointe, enfant et famille sont là pour m’encourager, ça fait du bien au moral ! Tellement du bien que les émotions me prennent par surprise au début du deuxième tour.

Alors que je m’éloigne du Village Départ, des sanglots me montent aux yeux, bien cachés derrière mes lunettes de soleil. L’émotion me prend aux tripes, mon objectif de taper la cloche commence à vraiment prendre forme. J’essaye de me raisonner, de reprendre le contrôle et tenir jusqu’au Tournant. A la moitié du deuxième tour, je rattrape et dépasse mon collègue qui m’avait déposé sur la dernière montée du vélo. Un petit mot d’encouragement mais l’humeur n’est plus vraiment à la discussion. Chacun est concentré sur ses jambes et sur ce 25ème kilomètre qui tarde à arriver. Les nuages se font moins nombreux, le soleil commence à taper, les organismes se mettent à tirer.

Je garde un œil sur mon allure sans trop m’inquiéter, j’ai perdu une trentaine de secondes sur le premier tour mais le rythme est toujours là. Au bout du deuxième tour, les jambes en prennent un coup mais le moral se fait plus léger : à la fin du troisième, la cloche est là ! Les applaudissements et viva de la famille et des Rillettes au Village donnent des ailes, même si le visage reste de marbre, marqué par la fatigue qui s’accumule. On s’en nourrit de l’intérieur. Sur le troisième tour, les frontières se brouillent : on ne sait plus qui on double ou nous double, il y a déjà du monde qui tourne sur la boucle… l’ombre des crampes se fait plus insistante. Le psoas me chatouille, à chaque changement de foulée, je suis à la limite de la contraction ; petite foulée, rythme rapide, régulier, toujours régulier. Un petit coup de jet d’eau sur les jambes pour espérer, illusoirement, détendre les muscles. Les dernières lignes droites s’enchainent, les jambes grincent… enfin, le petit passage dans les sous-bois, l’arrivée au parking, la petite passerelle et me voilà à l’UCPA.

Je fais le plein d’eau, un quartier d’orange et file prendre mon sac. Il n’est pas encore 16h. Je sors la frontale, une bénévole me dit qu’elle n’est obligatoire que si je reste en course après 20h. Je lui demande son avis, elle pense que je n’en aurai pas besoin. Je la repose, enfile mes chaussures de trail et file vers l’esplanade.

Ma conjointe me suit avec un drapeau « Allez papa ! », la tension monte sur la dernière dizaine de mètres. Des encouragements, des vivas, des applaudissements… la cloche, enfin ! Porté par l’énergie ambiante, j’ose claquer un petit saut pour célébrer avant de faire résonner le glas tant attendu ! De l’adrénaline en barre, un sentiment de fierté qui m’enveloppe : objectif atteint, je passe le tournant 22e au général, c’est inespéré ! Les émotions fortes qui m’accompagnaient à chaque début de tour de course à pied ont disparues, je suis sur un petit nuage de bonheur. Alexis m’attend de pied ferme pour la dernière montée. Il reste encore 16 kilomètres à parcourir…

J’embrasse tout le monde et ne traine pas trop pour partir. Je me force à trottiner sur les premiers kilomètres qui sont plutôt roulants. Je sais que la route est encore longue, et j’ai déjà 10h30 de course dans les jambes… On discute bien avec Alexis qui me suis sans forcer. Une fois sortis de St Jorioz, ça vallonne gentiment, ça monte et ça descends : le sommet ne semble pas si loin ! Il me faudra quand même 2h50 pour terminer cette dernière potion. Je double un ou deux coureurs dans la montée mais je n’ai pas la gniac pour essayer d’accrocher ceux et celle et qui me dépasse : mentalement, mon objectif c’était la cloche ! Alors j’avance comme je peux, Alexis est top dans son rôle d’accompagnant : il m’encourage sans forcer, sent les moments où je n’ai plus trop envie de parler : les quelques bons raidards infects se passent dans le silence. Mais j’arrive à ne pas me décourager, je pense à tous les courageux qui n’ont pas encore entamé la montée… au dernier ravito, on nous annonce un dernier coup de cul - au final très court - et derrière ça devient plus roulant. On avance sur un bon petit rythme en marchant, j’arrive à relancer un peu en courant sur les parties les plus plates. Dans le dernier kilomètre, je sens le 28e qui me souffle dans le cou ; l’esprit compèt’ d’Alexis me pousse à en remettre toujours un peu plus, même dans la dernière partie où je retrouve mes supporters. Bien entouré, je termine la course au petit trot et passe la ligne en 13h24.

Quelques larmes qui coulent, histoire de faire retomber la pression, les nerfs et l’émotion. Un grand merci à Alexis sans qui la dernière montée aurait un calvaire, un gros câlin à mon épouse – présente du réveil à 2h50 jusqu’à l’arrivée ! - enfant, parents, frère et sœurs dont le soutien m’a accompagné toute la journée. Un gros morceau de mangé !

Au-delà du classement final, qui ne cristallisait aucun enjeu, je suis particulièrement content de ma gestion de la nutrition qui m’a permis de faire une course complète, sans coup de moins bien, et d’’en profiter du début jusqu’à la fin.

Top finisher en 13h24 (27e au sratch)

En résumé sur la partie ravitaillement :

Avant course : boisson d’attente + banane
Natation : 1h08
Transition 1 : changement intégral + bidon électrolytes + pompote

Vélo : 6h55
=> Nutrition : gommes (4) / barres Cliff (2) / gels (1) + pain de mie/kiri (3) ; eau + boisson énergie + boisson récup
Transition 2 : changement intégral + bidon électrolytes + pompote

Càp lac : 2h10
=> Nutrition : gels (2) + eau + boisson récup

Montée au Semnoz : 2h50
=> eau (plate puis 50/50 avec St Yorre) + boisson récup + orange / pastèque



La prépa

En suivant les conseils des incontournables Tricastor et IronDoud, je me suis fixé un temps de préparation de six mois. Je n’ai pas de connaissances théoriques pures, mais cela fait plusieurs années que je m’intéresse aux différents aspects de la préparation sportive en triathlon. Aussi, j’ai tout misé sur une planification cadrée (dans la durée) mais vague (dans le contenu spécifique). Deux objectifs assez clairs à atteindre cependant : 4.000 kms de vélo roulés et 500 kms courus sur la période d’entrainement.

Ma préparation s’est découpée en 4 temps : 3 semaines d’adaptation, (1) 12 semaines de développement général, (2) 12 semaines de travail spécifique et 2 semaines de relâchement.

J’ai découpé les 2 blocs de 12 semaines en 2 blocs de 6 : 5 semaines avec charge d’entrainement progressive et 1 semaine de repos.

L’adaptation (fin novembre) a surtout consisté à pratiquer les trois sports, en se poussant gentiment sur les différentes zones. C’est une phase de reprise de l’entrainement.

(1) Pour le développement général, de décembre à février, j’ai fait peu de volume de vélo mais surtout du qualitatif. Une douleur à l’aine m’a empêché de courir sur la majorité de la période (à part quelques footings). Sachant que l’objectif principal était de faire un gros vélo, je ne me suis pas trop inquiété de cet écart au planning.

Côté natation, j’ai essayé de nager une à deux fois par semaine. Le crédo : 1 entrainement / semaine, on se maintien ; 2 entrainements, on progresse ; 3 on accélère !

Côté vélo, j’ai énormément progressé (surtout mentalement) grâce aux séances de home trainer au café Grimpeurs (Lyon 1er). Pendant trois bons mois, j’ai essayé de faire une à deux séances par semaine, qui duraient entre 45’ et 1h10. Comme les gars le conseilleront, c’est une bonne idée de commencer par des tests (idéalement, le test de 20’ ET le ramp test) qui permettront d’avoir sa FTP (la moyenne des deux). J’ai choisi les entrainements un peu au hasard, en essayant de faire varier les plaisirs et la difficulté en fonction de l’état de fatigue.

Pour donner un ordre d’idée, ma FTP tournait autour de 300 watts pour 70 kilos (soit 4,3 w/kg) au premier test et de 325 watts en milieu de prépa (4,6 w/kg). Je n’ai pas pu faire le test en fin de prépa, mon abonnement s’est terminé un lundi, Grimpeurs était fermé..!

A côté du HT, je faisais une sortie assez courte (environ 60 kms) pour compléter. J’ai progressivement augmenté le volume de ces sorties hebdomadaires pour atteindre 100 kms.

Côté course à pied, en principe je pensais jongler entre sorties longues / VMA ou seuil / footing tranquille. Dans les faits, j’en ai fait beaucoup moins que prévu sur cette première période mais j’ai complété avec un peu de skating (dont le Marathon de Bessans – 2h25).

(2) Pour le travail spécifique, de mars à mai, j’ai continué le HT un mois avant d’arrêter et d’augmenter les distances sur les sorties longues. J’ai pu reprendre la course à pied. J’ai continué la natation en piscine jusqu’en avril.

Côté natation, donc, j’ai continué les séances piscines jusqu’en avril pour ne faire quasiment que des sorties en eau libre en mai, une fois par semaine (4 kms) ; histoire de vraiment se mettre dans le bain.

Côté vélo, j’ai progressivement augmenté les distances : je suis passé de 120 kms début avril à 200 kms courant mai (avec du D+ of course, vu le profil de l’Alps !). A côté de ça, j’ai gardé une ou deux sorties relativement courtes / semaine. L’idée était d’avoir du vélo plaisir, sans objectif.

Côté càp, j’ai repris progressivement l’entrainement en essayant d’aller tourner autour de 15/20 kilomètres en sortie longue. Fin avril, je me suis aligné sur un trail de 46 kms (2.000 D+ - 5h45) à la Réunion. J’avais les jambes cassées en deux à la fin mais j’ai eu l’impression de passer un cap mentalement dans la gestion de la douleur.
Mi-mai, j’ai participé au Half de Rumilly qui est idéalement situé dans la saison pour se préparer à l’Alps (4h03).

Arrive très vite la phase de relâchement ; la première semaine j’ai un peu couru et fait une sortie de 100 kms à vélo. La deuxième semaine, je n’ai rien fait ! … la faute à un emploi du temps chargé. Adrien, kiné mieux informé que moi, m’aurait plutôt conseillé pendant ces deux semaines de garder les mêmes intensités mais de réduire les volumes de moitié (à tester sur une prochaine course !) pour travailler l’affutage plutôt que le relâchement !

Nota Bene : c’est en augmentant la durée de mes sorties vélo que j’ai commencé à réfléchir à ma nutrition. A savoir, faire attention à avoir mangé une grosse plâtrée de pâtes ou de riz la veille, un bon petit déjeuner le matin et des apports réguliers pendant la sortie.

J’ai appris que les barres céréales ne servent pas à grand-chose pour tenir sur du long. Il faut se tourner vers des apports (commerciaux ou faits maisons) qui sont chargés en glucides. Voilà ce que je consommais :

- 1 bidon 500 mL eau / 1 bidon 500 mL boisson énergétique [ERGYSPORT, le sponso de la course]
(en théorie, c’est 500mL de liquide par heure mais j’ai très rarement réussi à boire autant)
- Toutes les 45 minutes, 1 apport en glucide : 1 gel [TA Energy] OU 1 gomme [TA Energy] OU 1 barre [Cliff]
- 1 pause boulangerie (croque-monsieur ou pizza)

J’ai réussi à tenir cette alimentation sur l’Alps (en remplaçant la boulangerie par du pain de mie + kiri) et je n’ai senti aucun coup de bambou sur la course. Sur la càp, ma référence c’était mon trail sur lequel j’ai tourné à l’eau / boisson énergétique et gels (plus faciles à ingérer) toutes les 45’.

En chiffres :
- 6 mois de préparation
- 20h de natation
- 4.100 kms de vélo (NB : je triche un peu car j’inclus dans ce total le vélotaf)
- 12h de HT (équivalent approximatif de 345 kms sur vélo)
- 550 kms de càp

En conclusion, j’étais autour de 30-35h d’entrainement par mois en début de prépa pour finir vers 35h-40h en mai. Je n’avais ni l’envie ni la possibilité de faire beaucoup plus. Je suis persuadé qu’il faut être bien dans sa tête pour être bien dans son corps et je ne me voyais pas passer plus de temps à m’entrainer au dépend du temps en famille. J’ai donc visé la qualité, surtout pour progresser en vélo qui est l’épreuve charnière sur l’Alps. J’ai aussi fait une croix sur le travail d’enchainements. Au vu de la durée de chacune des épreuves, je ne suis pas sûr que faire un entrainement spécifique sur le sujet change vraiment la donne… Chaque mois, je me suis dit que j’allais arrêter alcool et café… sans succès ! Là aussi, un bon verre fait plus de bien à la tête que de mal aux jambes ! J’ai naturellement réduit ma consommation en mai jusqu’à ne pas boire d’alcool seulement la dernière semaine avant la course, sans avoir l’impression de me priver.


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MessagePosté: Mardi 11 Juin 2024 9:40 
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Enregistré le: Mardi 28 Janvier 2014 17:45
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Bravo pour ta superbe course et super d'avoir pris le soin de rédiger ce CR , digne de ce qui se faisait régulièrement après les courses (au moins importantes) il y a quelques années sur ce forum :-), et qui s'était un peu perdu de vue.... :sleepy:

_________________
2020: M'ENFIN!? Nice Together....


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MessagePosté: Mardi 11 Juin 2024 9:55 
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Enregistré le: Mardi 02 Octobre 2007 20:52
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Bravo Loïc, ta prépa semble t'avoir bien réussie, superbe perf !


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MessagePosté: Mardi 11 Juin 2024 11:18 
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Bravo pour ta course qui te place en haut dans la hiérarchie des Rilliettes sur cette épreuve déjà mythique et au combien difficile.
Merci aussi pour ce beau CR dans la tradition Rilliette !!!! Tu seras content de le relire dans quelques années et te remémorer ta course.

_________________
2017 : Triathlon M Nice
2018 : Polar Cannes International / M Alpe d’huez
2019 : IM 70,3 Aix en Provence / IM 70,3 Vichy
2021 : IM 70,3 Nice
2022 : IM Nice
2023 : Challenge Fréjus / IM 70,3 Rapperswil-Jona
2024 : IM 70,3 Les Sables d’Olonnes


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MessagePosté: Jeudi 13 Juin 2024 11:07 
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Enregistré le: Mardi 28 Janvier 2014 17:45
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Half Alpsman : une médaille en bois mais pas en chocolat

Quand Planplan nous a proposé comme support des CDM le triathlon Alpsman de Saint Jorioz, je me suis dit que ce serait une bonne préparation de choisir la distance L en vue d’Embrun, et que ce serait sympa d’y retrouver une ribambelle de Rilliettes, et je n’ai pas été déçu par ce choix sur ce triathlon atypique
Nous sommes 14 Rilliettes au départ du Half ce samedi 8 juin + Rico dans nos pensées. Pour certains c’est le baptême du feu sur cette distance comme Blablalex, et ils n’ont pas choisi le plus simple…
Comme d’habitude au départ natation je stresse et ai hâte d’avoir bouclé cette partie qui se fait en une boucle à parcourir 2 fois avec sortie à l’australienne. L’eau est un peu fraiche mais largement supportable. Les filles partent 3 minutes après les hommes et j’aurai à peine passer la première bouée que déjà, les premières féminines me rattraperont ! Après un premier tour un peu chaotique où j’aurai été un peu chuté par toutes les féminines me doublant, le 2ème tour se passe beaucoup mieux.
Quand j’arrive au parc , pour une fois il y a encore 2 Rilliettes en train de se changer Stéphane et Planplan. Stéph me dit qu’il a trouvé la natation courte. Moi je trouve que c’était suffisamment long, mais quand je regarde mon temps (38mn) je me dis qu’effectivement il ne devait pas y avoir 2 000m, car je tablais plutôt sur 50mn. Hugo d’ailleurs vu mes temps me demandera si je n’ai pas nagé avec des palmes :razz: … Il s’avère qu’il n’y avait que 1700m à parcourir
Après une transition où je prends le temps d’enfiler cuissard et maillot de vélo + chaussettes et gants , le confort avant tout, me voilà parti à la découverte de ce parcours. Ne connaissant pas le parcours et vu le dénivelé, je table sur 5h00. Après 2-3 km de plat on attaque déjà la première montée longue de 10km jusqu’au col de Léchaux avec certains beaux pourcentages. J’aperçois pendant plusieurs km Stéphane une centaine de mètres devant, puis à la bascule je ne le reverrai ….. qu’une fois la ligne franchie !
La montée se fait avec de beaux lacets et une belle vue sur le lac d’Annecy. Le temps est de plus en plus couvert et les 1ères gouttes de pluie arrivent. Je double Planplan, puis Pierrot dans cette première montée et remonte environ 80 concurrents jusqu’à Léchaux. S’ensuit une longue descente sur une route de plus en plus humide avant la montée suivante. Je me fais doubler par les 1ers concurrents du Xtrem qui sont sur leur 2ème boucle des Bauges (impressionnant) , ne prends aucun risque dans ces descentes au contraire de quelques concurrents qui me surprendront toujours :gratte: (tout ça pour quelques places et secondes gagnées…)
Dans une des montées nous sommes arrêtés par un feu de chantier qu’il faut respecter (c’était bien précisé dans le briefing). Cet arrêt forcé me permet de rattraper Le chat qui ensuite au profit d’un arrêt de ma part pour pause technique, me redoublera. Le parcours est bien casse pattes mais sans très longues montées. Je n’ai pas de véritable coup de mou, et les km défilent. Après la dernière montée bien corsée jusqu’à Bellecombe des Bauges, puis un nouveau passage vers le col de Léchaux c’est enfin la dernière descente vers le parc. Sur la fin on croise les coureurs qui sont en route vers le Semnoz, et j’aperçois Blablalex qui a une belle foulée (sacrés progrès réalisés grâce à ses entrainements depuis de nombreux mois)
Je regarde mon compteur et vois que je vais mettre 4h15 pour le vélo, tout ça en ayant été plutôt régulier. Je suis hyper satisfait
Quand j’arrive à T2 sous les encouragement de mes amis chez qui je logeais et qui sont venus me voir , je retrouve Le chat et Gregtdi en train de se changer pour la CAP. C’est le moment que choisit mon compteur vélo pour déclencher son système d’alerte sécurité (ai-je freiné trop brusquement ?). Je tapote nerveusement sur mon compteur pour essayer d’annuler l’envoi de message d’alerte à ma femme, mais j’entends mon téléphone qui hurle dans mon sac de transition. Je perds bien 1mn30 dans cette affaire car dans le doute je décide aussi d’envoyer un SMS à ma femme pour lui dire de ne pas tenir comte de l’alerte qu’elle a reçue (et que finalement elle n’aura jamais reçue !!!) :stupid:
C’est parti pour la CAP et cette grosse inconnue : n’ayant jamais fait de trail je n’ai aucune idée de la façon dont je vais gérer. Je table sur 2h00 2h30 mais sans aucune garantie
A la sortie du parc les fidèles accompagnateurs Rilliettes Suzie and co m’encouragent : que ça fait du bien. J’ai les jambes bien dures et ai un peu de mal à trouver le rythme. Après 2-3 km qui sont les plus roulants en faux plat sur une petite route, j’aperçois Gretdi que je rattrape à l’amorce du 1er chemin . Une petite tape dans dos (tradition oblige), 2-3 mots échangés , il me dit être pas trop mal en mode TDI bien sûr, et je poursuis à mon rythme. Jusqu’au 1er ravitaillement j’arrive malgré les premières montées et les premières boues à trottiner, et double régulièrement des coureurs. A ce ravitaillement je prends soin de boire un peu de coca et manger un quartier d’orange. Remplissage de ma flasque en eau et c’est reparti. Ça se corse avec de plus en plus de boue, une descente hasardeuse où j’arrive à ne pas me vautrer. C’est là que je rattrape Le chat que je me permets de charrier un peu en lui disant qu’il pourrait être plus agile dans cette boue… :lol: S’ensuit un bon raidillon vers Saint Eustache , une partie un peu plus roulante , puis on rentre dans le vif du sujet avec des chemins de montagne bien raide où il est impossible de courir. Mais même en marchant, je continue à doubler des concurrents. J’aperçois une Rilliette que je n’arrive pas tout de suite à identifier. Il s’agit d’Arnaud qui malgré la difficulté garde toujours son sourire. Ça commence à tirer sérieusement mais arrive le ravitaillement bien venu de la Bauche. Orangina, quartier d’orange, mise à niveau d’eau et on poursuit. Dans une partie plus facile en léger faux plat descendant j’arrive à me remettre à courir. La foulée est plus que rasante et c’est là que j’accroche une pierre pour m’étaler de tout mon long. Le concurrent et la concurrente qui me suivent s’enquièrent immédiatement de mon état et m’aidents à me relever (sympas et je les en remercie). Rien de grave, jusque une égratignure au genou. Nous sommes dans les 6 derniers km et ça devient vraiment terrible ; pendant 3 km un sentier empierré abrute monte en lacets dans la forêt. C’est magnifique mais dieu que c’est dur même en marchant. Après cette interminable portion, on commence à entendre des encouragements dans la forêt signe qu’on s’approche du dernier ravitaillement. A celui-ci uniquement de l’eau disponible , ni coca ni Orangina. Tant pas on fera sans. On sort de la forêt, traverse des alpages, on aperçoit un télésiège, de bon augure l’arrivée doit se rapprocher. Cest moins pentu. J’essaie de relancer en trottinant mais ça ne dure jamais bien longtemps car les jambes sont trop raides. On aperçoit enfin le sommet qui semble encore malgré tout bien loin. Le chemin d’alpage rejoint la route plus haut et je reconnais sur celle-ci une tenue Rilliettes (le Chav sans doute). Quand je rejoins la route je me force à courir doublant encore plusieurs concurrents. Malgré la fatigue je continue à courir pour faire bonne figure au près de Prunie et Blablalex qui ont pris le soin de redescendre un ppeu pour nous encourager, arrivés depuis une demi heure leur médaille de finisher autour de cou. Dernier coup de cul où il est impossible de continuer à courir, puis ce sont enfin les derniers cent mètres où on peut recourir pour franchir cette fameuse ligne sous les encouragements de Rilliettes (toujours là) comme Simon. Quelques mètres avant la ligne, l’émotion me rattrape et quelques larmes pointent. Quel plaisir et fierté de recueillir cette fameuse médaille en bois. Mes amis sont montés au Semnoz alors que ce n’était pas prévu pour m’accueillir, trop sympas. Petit échange avec les Rilliettes déjà arrivées. Tout le monde a souffert, mais tout le monde a fini, y compris ceux que j’avais dépassés qui finiront aussi. Bravo à tous.
Cette montée du Semnoz m’aura bien fait souffrir (finalement j’aurai mis 2h30 pour ces 16 km), mais je découvre que je suis 1er de ma catégorie sur celle-ci et 3ème au scratch ….
Une course exigeante, atypique mais magnifique. Un peu soleil lors du parcours vélo aurait été le bienvenu et aurait encore plus rendu sublime les paysages, mais l’avantage c’est qu’on n’a pas crevé de chaud
Un beau week end avec plein de jaune et bleu sur toutes les courses. Bravo à Loic pour sa performance sur l’IM et aux participants de S

_________________
2020: M'ENFIN!? Nice Together....


Modifié en dernier par Crapatueur le Jeudi 13 Juin 2024 12:49, modifié 1 fois.

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MessagePosté: Jeudi 13 Juin 2024 11:35 
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Bravo Crapat, belle course et beau CR, tu vas être au top pour Embrun !


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MessagePosté: Vendredi 14 Juin 2024 13:16 
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9 février 2024
11h59 : tout est prêt : ma licence est téléchargée, sur une page mes codes carte bleue, mon adresse, …
12h00 : après un dernier « F5 », c’est la valse des « Ctrl C » / « Ctrl V » ! Le palpitant s’emballe presque comme pour un départ de course !
12h10 : c’est fait, je reçois le mail de confirmation, « vous êtes inscrit ». Et déjà dans ma tête raisonne : « m****, dans quoi je me lance… T’as déjà oublié Aiguebellette et Paladru ?! »
12h30 : on fait l’état des troupes, beaucoup de Rilliettes ont réussies à s’inscrire, mais quelques-unes un peu moins rapides ou prévoyantes sont passées à travers. Dommage. Faut dire que moins de 15min pour 600 places, ça laisse pas trop le temps à l’improvisation. Mais on sera tout de même une belle délégation, ça va être cool ! En plus Loïc est sur le XL (quel grand malade !) et un bon groupe s’est formé sur le S du dimanche. Ça va être un super week end ! Sacrée tabasse en perspective.

Maintenant place à l’entrainement.
Cette année, j’ai investi dans un HT. Toutes les semaines une séance spécifique. Et ça paie je me sens bien à vélo et je constate la progression à chaque sortie. Mais après chaque sortie du dimanche, revient tel un refrain : « il reste 16 bornes et 1300 D+ ». ça m’obsède un peu…
A pied je m’y colle bien aussi. J’ai la forme. Je m’amuse avec la montée sèche du Mont Thou dans les monts d’or pour préparer le gros morceau du Semnoz.
A la nage je reste sérieux, 2 entrainements la semaine, je maintiens un niveau raisonnable. Parfois je triche avec mon short en néoprène pour avoir l’impression de savoir nager et ça fait du bien.

Mai
Voilà le stage. Mon premier STTR. Je suis tout excité de me faire 5 jours totalement dédiés au sport en prévision du grand rendez-vous.
On attaque avec un pré-stage avec Prunie, Blablalex et Simon. Steph et Slyder ayant capitulé en voyant la météo. Sortie vélo, apéro, Caïpi et Vermut qui attaquent (mais chut, ce qui se passe dans le chalet, reste dans le chalet), trail. Tout va pour le mieux. Dehors il pleut, dans le bungalow ça sent le sportif… mais une fois habitué, ça passe !
Vendredi, on rejoint les copains pour une première sortie vélo où je ne tiens pas en place et attaque à chaque pancarte, va vraiment falloir que je passe à l’âge adulte ! Avec Simon et Prunie on décide de faire un petit enchainement à pied. On part sans vraiment savoir où on va… On arrive dans les bois. Le terrain est gras. Je me dis, aïe j’ai les running c’est pas terrible, mais je continue bêtement. 2km plus tard, le pied droit glisse, se bloque, la cheville part… je sens et j’entend que ça craque dans la cheville. Tout de suite je sais qu’il s’est passé un truc… Je redescends immédiatement et vais mettre la cheville dans le lac. Elle a un peu gonflé, il y a un petit saignement. Je suis totalement dégouté, pense au stage raté, et à la course dans 5 semaines. Je me vois déjà rendre le dossard. J’ai envie de chialer.
Le lendemain, pas de trop mauvaise évolution. C’est peut-être pas si pire.

S’en suit, 2.5 semaines d’arrêt total.
Examen : radio + echo. Ligament externe rompu. Je ne me suis pas loupé.
J’attaque rapidement le kiné, il n’y a pas de temps à perdre. Ça passe. Ça tire un peu mais c’est gérable.
J’arrive quand même à faire deux belles sorties vélo : la cyclo de Thonon et un 140km avec Arthur sans douleur.
Je nageote sans grand enthousiasme, le moral est pas au top.
Je recours une fois. Pas de douleur, ouf !
Mais les 5 semaines sont déjà passées et ça a fait une grosse coupure. Les copains me rassurent en me disant que j’aurais fait du jus.
Ce qui est fait est fait, on verra bien. C’est déjà bien que je puisse m’aligner au départ.

C’est l’heure du départ pour Annecy : je charge les vélos de Bruno et Prunie. Et croyez-le ou non, je me rends compte que les deux arrivent avec une roue cassée ! Je dépanne Bruno avec une de mes roues. Prunie arrive miraculeusement à se faire prêter une roue par FlorianCycleServies. Nous sommes donc obligés de faire un détour en ville pour la récupérer avant de partir. Finalement, j’aurais dû rien dire, j’aurais gagné 2 places. Mais ça je ne le saurai que dans 2 jours…

J-1
Saint-Jorioz, camping du lac. Voilà on n’a jamais été aussi prêt du départ. On passe cherché les dossards, on prépare les vélos, et les ravitos sucrés et salés. Je rentre dans ma course, mais je m’étonne de ne pas être trop stressé. Un bon repas avec Prunie et Bruno et au dodo.

Jour J
Réveil 6h. Œufs brouillés, tartines beurre et confiture myrtilles, céréales et fromage blanc. Je déjeune bien comme avant une grosse cyclo. Je sais que ça passe bien, il n’y aura pas surprise. Toujours pas de stress en vue. C’est bon signe.
RDV est donné à 7h à l’entrée du camping et c’est parti pour la zone de transition.
Toutes les rillettes se retrouvent sur le même emplacement, c’est cool. Sauf Prunie, mais pas grave toutes les rillettes la reverront malgré eux sauf une (merci Alex Ceccaldi d’avoir sauvé notre honneur !).
On met la combie et on se dirige sagement vers le lac. Je me lance pour quelques longueurs la première mise à l’eau saisie un peu mais après 20m c’est bon.
H-1min, je me place comme à mon habitude, tout sur le côté intérieur bouée. Quelques rilliettes adoptent la même stratégie.

Heure H, c’est parti.
J’ai en tête les conseils des plus expérimentés. Pas se cramer, partir cool. La route est longue… Je déroule donc ma nage sans forcer, je m’applique. Première bouée, ça fight un peu, mais je m’impose et fait ma place, je sens en relançant un coup de jambes que j’ai du castré un concurrent… oups… je mets deux trois accélérations de bras pour ne pas m’en prendre une et m’écarter. La nat’ file, le premier 500m bip sur ma montre, je me rends compte qu’on est déjà à la dernière bouée. Je me dis , il doit pas y avoir 1000m par boucle, et ça me rassure un peu. Je reconnais Greg Tdi avant de prendre la dernière bouée et revenir sur la plage pour la sortie à l’australienne. Le groupe pousse sur la droite et m’oblige à ne pas pouvoir tirer droit vers le plongeoir. Ça m’agace un peu. Le deuxième tour se passe sans encombre et je sors de l’eau plutôt frais, je sens que j’aurais pu en mettre plus, mais pas grave les gros morceaux sont à venir…

T1
Dans l’aire de transition, il y a Greg Tdi qui se change. Le coquin m’est passé devant. Je me dit pas grave ça devrait passer devant en vélo. Une transition plutôt lente et laborieuse. Je prends le temps de m’essuyer les pieds, mettre des chaussettes. Je mets et réenlève mon casque, j’ai oublié le tour de coup… bref je sens que je ne fait pas la transition du siècle. Greg est déjà parti. Je sors du parc, je me dis, je suis 2ème c’est bien.

Et c’est parti pour le vélo.
Première montée, sans échauffement les jambes sont un peu dure, je suis déjà tout à gauche. Après quelques virages, Alex Ceccaldi est déjà là. J’hésite à prendre sa roue. Puis le laisse filer, je ne veux pas prendre de risques inutiles, il sera toujours temps d’en remettre à la fin si je suis bien. Il restera à quelques dizaines de mètres jusqu’en haut de Leschaux, où je m’arrête pour mettre mon coupe-vent avant la descente, je mange une bout. Alex C part, je ne le reverrai jamais.
Dans la descente, je me dis mais m**** où est ce bon vieux Greg Tdi ? Il est en canne le bougre, je pensais le reprendre dans la première montée… je regarde au loin lorsque c’est possible pour voir du jaune mais rien… A l’attaque de la deuxième montée, j’entends mon nom. C’est Théo. Il était déjà sorti du parc à notre arrivée après la nat’. J’avais complètement oublié. On fera un bon bout de chemin ensemble à papoter en jouant au chat et la souris en fonction du profil de la route. Mais environs au 60ème km, il ne reviendra pas. Et toujours pas de Greg Tdi…
Au 70ème km me dépassant comme un balle, Guillaume ! Il me lance un « sur le plat et les descentes ça va vite ! » Il me fait marrer, j’en profite pour relancer et le garder en point de mire. Mais quand arrive les montées, ça moins vite, et j’en profite pour repasser devant. On discute lorsqu’on se croise et il me dit que Greg Tdi s’est arrêté pissé dans le parc à vélo. Je comprends mieux pourquoi je ne reprenais pas. Du coup on est 2ème et 3ème avec Guillaume. 75ème km, on passe devant le ravito, je lui dis qu’il devrait s’arrêter ça serait bien pour lui pendant je continue. On rigole et on passe ce dernier ravito ensemble sans s’arrêter. De toute façon j’arrive plus à manger et il me reste un fond de gourde et me dis que ça fera l’affaire jusqu’à l’arrivée.
Dernière montée, Guillaume décroche un peu. Je redescends seul vers Saint-Jorioz tout en prudence. Il ne s’agirait pas tomber comme on en a vu 2-3 salement amochés sur le parcours, donc zéro risque. Je commence à penser à la suite en me demandant comment vont répondre les jambes. Je pose le vélo en 3h55min, j’ai été très prudent, je n’ai jamais vraiment tapé dedans. Je pense avoir bien suivi les conseils.

T2
Je reprends mon temps, de toute façon c’est un L, rien ne se joue ici. Je change de chaussettes, prend tout mon attirail. Guillaume arrive dans le parc pendant ce temps-là. Il se change plus vite que moi et on part ensemble à pied en discutant. Ça fait du bien à la tête de se dire que le gros morceau à venir on l’attaque à deux.

CAP
On fait les 2 premiers km ensemble. Je me sens super bien. Pas mal aux jambes. On croise des copains qui redescendent à vélo. Ça donne des indications sur les écarts. Ils ne sont pas bien loin. Faudra pas faiblir sinon c’est marron. Guillaume me laisse partir car c’est un peu moins facile pour lui. Je déroule à une allure où je me sens à l’aise. Puis vient le km 4. Des frissons commencent à apparaitre, sur les bras, puis remontant dans la nuque, puis les jambes. Je me sens faiblir. Km 5, obligé d’arrêter de courir. Plus la force. Je me sens de moins en moins bien. Guillaume revient et vois que ça va pas trop. Il m’accompagne jusqu’au 1er ravito. Rien ne me dit, j’ai pas la sensation de faim. Il m’oblige à manger, ça prend du temps, mais ça me sauvera sinon je ne serai jamais arrivé en haut ! Merci Guillaume !
Puis à partir là, 1h à 1h30 de galère. Le temps que je digère un peu et reprenne de l’énergie.
C’est à partir de maintenant que je vais me faire avaler tout cru par toutes les rilliettes trop contentes de me mettre la fessée. De mémoire, car c’est en fait un peu flou, c’est Théo qui arrive en premier, il n’était pas loin en vélo. Puis j’entends à travers les bois un « OOOOhhh le Chav’ ! ». C’est Blablalex arrivant tout fringant. Une petite tape et il me dit suis moi en mettant une accélération pour être sûr que je ne le fasse pas et me faire comprendre que c’est pas la peine d’essayer ! Puis mon Bruno qui joue la bienveillance à mon égard mais avec ce petit sourire en coin qui en dit long sur sa satisfaction de me mettre derrière.
Vient le tour de la Prunie, les yeux injectés de sang, les canines acérées, prête à bouffer toutes les rilliettes se présentant à porter chaussures. Son obsession en me passant, la féminine à 10m devant. Elle me lance un « Je vais la bouffer » puis disparait dans les bois. J’étais mort de rire. Quelle rage ! Enfin, j’espère ne pas en oublier, le Step qui me passe la socquette légère. En même temps un tri de 7h, c’est une sortie récup pour lui ! Au deuxième ravito, j’ai bien remangé. Je sens que ça revient petit à petit, mais je traine ma galère jusqu’au km 12 environ. Je réussis à revenir sur Théo et Guillaume juste avant les 3km infernaux. Je me sens mieux. Je prends la tête d’un petit groupe sur cette portion. Je tente de remettre du rythme. Je regarde ma montre, je vois les minutes filer à toute vitesse, et les km eux ne bougent pas bien vite. Je commence à faire mes calculs et me dis que je vais mettre 3h30 pour cette fichue CAP. ça me désespère. Dernier ravito liquide. Je rebois beaucoup. Le passage raide à laisser des traces, j’ai un mollet qui tire. L’orga et les supporters disent c’est la fin, plus qu’un petite partie raide et à la sortie de la forêt tu vois l’arrivée. Et effectivement on sort rapidement de la forêt, on entend les haut-parleurs et on distingue l’arrivée. J’essaie de relancer en courant mais la crampe est vraiment pas loin. Donc je décide de plutôt marcher vite. Coup d’œil à la montre, petit calcul, il y a moyen de ne pas dépasser les 3h. Je maintiens une bonne allure de marche. Virage à gauche on passe sur la route. Au bout dans la dernière courbe la Prunie déjà en train de débriefer tranquilou avec son papi, ça me met un petit coup derrière la tête. Elles sont vraiment balèses les filles du club, pas le droit à l’erreur sinon ça se paie cash ! Puis dernière montée, Blablalex en train de redescendre et que me dit que lui aussi s’est fait reprendre, j’y croyais pas. Et voilà la ligne d’arrivée, la médaille en bois que j’avais promis au fiston autour de mon coup. J’y ai pensé dans les moments difficiles, ça m’a donné de la force mais aussi pris par surprise pas des moments d’émotion. C’était dure cette connerie ! On retrouve les copains pour une bière. Tout le monde est finisher et pas de bobo, c’est top !

Au final, sentiment mitigé. Evidemment déçu de ma performance finale, j’aurais espéré mieux. Mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même car en faisant le topo en vidant mes poches le soir je ai dû manger 1 grany, une pâte d’amande et une pate de fruit. Mes poches étaient toutes pleines, et pas touché au salé… Mais super content d’avoir affronté cette épreuve, c’était incroyable. J’ai eu la chance de partager plein de moment de la course avec des rilliettes, c’était vraiment top. Et puis, il y a 5 semaines je ne savais même pas si je pourrais m’aligner au départ.

Comme toutes bonnes histoires ont une morale, la mienne sera : « il faut manger, il faut bien manger et il faut se forcer à manger dans ce genre d’épreuve sinon tu le paies cash ! »


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MessagePosté: Samedi 15 Juin 2024 5:12 
Septembre 2023
Je me dis que ça y est la saison 2024 sera (enfin!) celle de mon premier Long, rassuré par un deuxième Paladru plutot bien passé après une saison bof bof dans l'ensemble,mon manque de volume en vélo et surtout en Nat ( 35 bornes sur toute l'année :roll: ) ne pardonnant pas...Et puis je suis à 2 doigts d'etre banni du groupe WA Longue Distance, y'a un moment ou faut se lancer :lol: Il va falloir choisir une épreuve, c'est pas évident,mais je voudrais faire ça avec une belle tabasse club si possible.

Octobre 2023
C'est la grande soirée de rentrée des Rilliettes, on trinque, ça discute des projets 2024 et apparemment y'a 2 teams qui semblent se dégager, notre nouvelle recrue Prunie lançant l'idée de l'HalfAlpsman tandis que d'autres optent pour les Sables d'Olonne... J'avoue que le profil de ce dernier est celui qui me plait le plus mais bon par principe je ne mettrai pas une telle somme pour 6h d'effort (même si dans la vie faut jamais dire jamais hein). Du coup on va partir sur le projet haut savoyard, moi qui avais toujours dit que mon premier long se terminerait par une CAP plate de chez plate ! Bon maintenant va falloir s'y filer au mastic pour essayer de faire ça proprement, vu mon mental parfois en carton dans la souffrance il faudra être en forme pour pas que ça tourne à l'agonie.

Novembre 2023
Je suis plein d'envie, il faut rallonger les distances, mon premier objectif est de m'essayer à mon premier Semi, ça sera Vénissieux,avec un petit groupe de Rilliettes et après une petite prépa perso spécifique satisfaisante, je le boucle en 1h33, dans les temps visés sans plus mais plutot content.Cette belle journée va malheureusement tourner au cauchemar quelques heures plus tard...Je dois descendre en urgence à Bormes au chevet de mon père :huh: Un long calvaire de 2 semaines jusqu'au funeste dénouement...

Décembre 2023
Il faut pas se laisser abattre, se relever, avancer et franchement le sport est un super exutoire, surtout avec les Rilliettes aux entrainements, on rigole, on chambre, on profite! On se monte une petite team Trail en vue du Semnoz avec Nono et Prunita, rejoints souvent par d'autres Rilliettes. Et puis cette année on déconne pas, va falloir aller dans les bassins carrelés car y'aura 2000m, alors on replonge malgré mon aversion profonde pour le chlore, j'en chie grave après presque 3 mois sans nager, c'est dur, je râle parfois... souvent, désolé Stef :wink:

Janvier, Février 2024
Je continue de trailer régulièrement,en plus des séances piste du jeudi, on prend même quelques dossards, la St Lo, la Montanoise, les Cabornis,des bons moments Rilliettes, en duo avec notre Prunie, ou avec Flo, elles trustent les podiums en plus :bigups: Je me tiens à mes séances de natation (13 bornes par mois, impensable pour moi ) en plus ça revient pas mal, même si y'a toujours pas de glisse :mdr: Du renfo tous les lundis avec Coach Marine et on roule gentiment en augmentant progressivement, toujours pas de HT, ça j'avais dit que...mais non mentalement je peux pas :mrgreen: bon on fait du spécifique mais en extérieur, fractionné, force, vélocité, à ma sauce en piochant ça et là des idées sur le Net.
Début février vient la première épreuve, faut passer le cut des inscriptions...et ça passe ! Soulagé et content, on sera plein de Rilliettes,même si certains sont malheureusement rester sur le carreau, la tabasse de l'année s'annonce belle.

Mars, Avril 2024
Je mets l'accent sur le vélo, on commence à grimper sérieusement car le menu de l'Alpsman sera copieux.Nous avons la tristesse de perdre notre Rico,ç'est brutal,bien choqué,il devait être avec nous à St Jorioz, mais ça me renforce dans l'idée qu'il faut profiter de chaque moment alors on charbonne de plus belle!!! Je passe un cap sur la Corima avec mon premier 150 buches (120, j'avais dit 120! :mdr: ), merci au Castor express et la petite pistolera de m'avoir motivé à vous suivre. Mi avril un super WE reco ensoleillé à Annecy, je me goinfre la deuxiéme partie de la CAP: La Bauche / Semnoz, fichtre ça va être rude ct'e affaire surtout après 100 bornes de vélo mais bizaremment je m'attendais presque à pire. Le parcours vélo est magnifique et lui aussi plaisant, les côtes sont pas si raides et longues, bon on a fait beaucoup de pauses certes,dont une bien longue merci Bruno :roll:

Mai 2024
Dernier mois, on y est presque,ça a défilé à une vitesse... Gros bloc trail, j'aménage mon planning de taf en conséquence avec des spots alpestres multiples, on grimpe on grimpe,en Maurienne, en Tarentaise,dans le Dévoluy, aux Portes du Soleil... mais aussi en Chartreuse avec une magnifique Chamechaude avec ma doublette Nini et Nono. On roule aussi un max (800 bornes, plus de 2000 sur le trimestre) notamment un joli STTR (avec un préstage bonus à 4) jurassien, merci Stef :wink: enchainé par un stage solo à Bormes ( avec une magnifique sortie longue en compagnie de Marinette et Sylvain ). Je vois que je suis en forme, la confiance est là.
Après hésitation, je décide de faire un tri de prépa, ça sera le M de Bourg en Bresse,à J-13, format idéal, y'a plein de Rilliettes en plus:grosse nat à mon modeste niveau hein,vélo pas top niveau sensations mais belle moyenne vu le dénivelé et en gestion, belle CAP même si bien tapé dedans, grosse remontada, classement final pas dégueu... et première Rilliette en plus :biggrin:

8 juin 2024
Le jour J est enfin arrivé !!!! Aucun stress ces derniers jours, pas de blessures ou alertes, impatient de tabasser même, presque bien dormi en plus ce qui est très rare chez moi.Petit réveil musculaire,gros petit dej. On arrive au parc avec les Rilliettes, comme d'hab ça chambre gentiment...ou pas :twisted: Greg a amené une photo de Rico ( comme on l'avait fait à la Corima, il nous chapote encore de là haut l'animal ). On enfile la combi et on va s'échauffer.On tombe sur notre vieil ami Richelieu malheureusement sous une couverture de survie, transi de froid, contraint à l'abandon sur XL suite à une hypothermie, qui nous raconte ses déboires.Bon c'était peut être pas une bonne idée de lui avoir parlé, le con il fout les jetons :mdr: Finalement après avoir fait une petite centaine de mètres dedans, pas trop froide, un bon 17 je pense, don't worry.

C'est l'heure du départ, je me mets pas trop derrière...ni trop devant... La baston est intense mais franchement c'est moins pire qu'à Bourg, les bouées arrivent vite, il me semblait bien à vue d'oeil qu'il y avait pas le taff en distance, ça se confirme. Je crois voir le Chav' à un moment mais pas sur, ils l'ont tous cette Orca noire et orange...Je vise au cordeau les bouées, sauf celle vers le plongeoir, ça me semblait merdique cette zone et ça l'est... Allez une boucle faite, en effet y'a 840, nickel, on sort et on replonge, ça s'est décanté un peu niveau densité, je décide de mettre un peu moins de jambes après avoir eu l'impression que ça me coute un peu en vélo à Bourg.

J'arrive au parc, alors qui qui y'a ? TDI, mon Chav', le chiru... Pas depuis très longtemps à priori, ça va je suis dans le game.Théo lui est forcément déja reparti.Le grand Guillaume se pointe, je sens que je vais le voir souvent.Pas de Pierrot.On enlève la combi pas trop mal, ça va mieux depuis le coup de ciseaux récent.On met les chaussettes et on se casse.T1 pas mal.

Guillaume est avec moi rapidement.On double Greg dès les premiers kils de montée.Pas les jambes de feu mais de toute façon la route est longue et la tactique est gestion en vélo.Guillaume me double, je le reprends ensuite, on va jusqu'au sommet comme ça, il pleuvouille un peu, redescente sur Leschaux il descend plus vite, je lui rends 20 kgs en plus je laisse partir...Je taille les cochons drafteurs sur le replat,font semblant de pas comprendre, tricheurs va...Longue descente avec très peu de virages jusqu'au pont de Banges, un des cochons drafteurs revient à mon niveau et m'interroge, je lui réexplique, comprend toujours pas, allez c'est pas grave on fait la paix, bonne course mon gars... On remonte à Arith, le pied est raide mais les cannes reviennent, je redouble un peu. On continue à grimper,après St François de Sales, y'a le feu de chantier au loin, je vois un groupetto arreté au rouge comme prévu lors du briefing,ça y'est ça repasse au cligno mais je suis encore un peu loin, va falloir mettre un peu des watts pour pas se faire ni..uer, derrière moi d'autres l'ont aussi bien compris et ça lâche les chevaux encore plus...On passe le feu à temps, yessss, on en rigole, je me retourne dès le premier lacet suivant, ah ouais y'avait pas bezeff, désolé les gars STOP pour vous :mrgreen: Je perds une barre de ma poche juste après, bon je m'en tape j'en ai plein la sacoche...mais je la joue écolo, petit demi tour et je la ramasse, on est pas à 30s près, on me félicite en plus.On redescends jusqu'à Lescheraines, c'est humide je la joue soft.Vient le morceau que j'avais le moins aimé lors de la reco, cette côte en ligne droite de 10 bornes jusqu'à Aillon le jeune.Ba ça va, pas trop collé franchement. Je me fais chambrer par un duo de Lunéville avec qui on se double et redouble, "il sautille Rillieux qu'ils me disent", interpellés par mon style inimitable :mdr: , je leur dis que c'est bon j'y ai déja le droit à chaque sortie club, vont pas s'y mettre eux aussi.On redescend ensuite pendant 10 bornes, déja 70 bornes avalées, pas du tout entamé, c'est cool...Alors que ça semblait figé depuis un moment, au pied de la bosse de Chatelard, je me fais déposer par une quinzaine de gars d'un coup... WTF?!! Etrange ce peloton n'est ce pas...Ca m'agace un peu et je réaccélere jusqu'à la bascule.Plus loin,à la sortie des S de la Charniaz, je double un gars qui m'interpelle...mais c'est Théo! Je l'avais même pas calculé ( ba oui il a pas notre trifonction, monsieur n'aime pas nos couleurs il parait, c'est honteux ).Je pensais jamais le revoir de la course le bougre, il a pas l'air en grande forme mais on discute un peu, il me dit qu'il a roulé longtemps avec le Chav', je lui dis qu'il aurait peut être pas du :roll: Bon allez ciao Théo, me voilà 4e Rilliette :mrgreen: Remontée vers Bellecombe, je gère toujours, cardio bas, c'est ok, plus que 20 kils, tudo bem.Partie roulante jusqu'à Leschaux, on apppuie un tout petit peu, je commence à comprendre que les 4h sont jouables.On remonte à la Chapelle, on réapercoit le lac, tout schuss jusqu'à St Jorioz. 3h57, en ayant l'impression d'avoir épicé comme dirait Flo les flots, 10minutes de rab sur les prévisions, génial :onfire:

T2, y'a Anne et Simon, il me dit moins de 5 minutes devant, je me dis que le Chav' doit pas être si bien... Je traine pas en route, je suis frais, maintenant c'est trail, j'ai bouffé près de 15.000 D+ en 6 mois, ç'est pour moi, no doubt, let's go!!!

Les jambes répondent super bien, mais bon gare à l'enflammade tout de même, je me régule en 4'50 / 5'00 en faux plat montant.Je croise TDI qui redescend en vélo, je tends la main pour un check, ah ouais mais en fait étant à 40 à l'heure, l'impact est rude, failli me casser le poignet le con... puis je croise Steph Jung, Crapa et le Chat,sont dans un mouchoir de poche, ils vont se faire une belle tabasse.4e kil plus pentu, je suis super bien, la remontada est en marche.La pente s'intensifie et qui j'aperçois avec ses longues chaussettes noires, le Guillaume."Kikela!" Il se retourne.Il est dans le dur.On discute vite fait, il me dit qu'il était avec le Chav' y'a 2 minutes à peine.Et ben, me voilà podium Rilliettes, impensable.Les 3 Alex sont devant.Je relance dès le moindre replat.On grimpe dans la forêt et à la sortie d'un sous bois, je vois du jaune et bleu un peu plus haut."Oh le Chaaaaav' "Il se retourne, s'arrête, j'arrive, il a les yeux hagards, le regard interloqué, je comprends qu'il est mal."C'est fini pour moi" qu'il me dit.Je lui dis de s'accrocher et de me suivre mais je sais très bien que ça va être compliqué.Ravito dans la foulée, je fais le plein.... de ma pauvre flasque de 250mL (grrrr si j'avais pas oublié mon sac de trail avec le camelbak ), il arrive mais je repars, je lui dis viens mais il me redit que c'est cuit... C'est reparti, je lance un come on à un gars que je reprends avec un maillot Cardiff Triathlon, il me réponds en anglais mais avec un accent bizarre. -"You're welsh?" - "No, I'm french" -"Me too" :mdrire: on rigole, on reprend notre langue natale et on discute un peu. Descente et là oupsss...Les quadri commencent à cramper.
Merde alors, ça allait trop bien...Je ralentis et torche ma flasque.Sportivement il me propose à boire :bigups: je décline...Bon quand ça regrimpe, c'est pas si pire, allez next, on lâche rien. Je marche désormais, c'est pentu, avec ma technique développée depuis quelques mois: grandes enjambées, travail des bras comme si j'avais des bâtons, ça doit pas être chouette à voir mais c'est plutôt efficace et je continue de ramasser les morts...Ravito de la Bauche, ça y est je connais la suite du film et elle est hardcore. Je reconnais sur son balcon l'ancien de la ferme à qui j'avais demandé le chemin lors de ma reco, je le salue, il me regarde sans comprendre...puis il me reconnait et me fait un grand sourire et coucou...excellent :D Je bois, je bois, j'y laisse bien 2 minutes mais pas le choix... Petite redescente et le plat du jour arrive.Ca va piquer sévère.Je commence à avoir bien mal au ventre, ça tortille, c'est le festival du rototo. J'espère pas faire une Diniz pour ceux qu'ont la ref... Ah voilà pourquoi Prunita nous bassinait avec ses Smecta :gratte: On est dans le vif du sujet, 3 bornes à 16% de moyenne, ouche, ça monte pas comme à la reco.Je pense au padre, à mon pote Vissé l'ultratraileur désormais cloué sur un lit, je suis submergé d'émotions et de spasmes de pleurs.Je double quand même encore un peu mais plein de gonzesses me et nous déposent. Je me dis que les femmes ont un seuil de tolérance à la douleur bien plus élevé, c'est pas une légende...Allez on s'accroche mais putain je veux sortir de cette forêt, c'est interminable...Je demande aux suiveurs si on est loin du ravito de la route, ils me font comprendre gênés que c'est pas encore tout de suite.Enfin j'entends une clameur et des cloches, on y est presque... Ravito, il reste un peu plus de 2 kils, je discute avec Guillaume le pote de Prunie et commence à savourer, en plus je vois que les sub 2h30 de montée devraient passer, re-yessss. Dans mes rêves, j'espérais recourir sur le plateau comme au mois d'avril...mais c'était bien des rêves, je trottine par séries sur 30 mètres max puis remarche. Allez c'est pas grave, on y est, je vois l'Auberge, puis j'approche de la route.Et là j'entends au loin dans mon dos, un strident "Alexxxxx" d'une voix féminine.Je me retourne et vois en contrebas une petite blonde en jaune fluo, qui court elle bel et bien...Mais non !!! Rabiosa Prunita ! Elle gueule "je pensais pas que je te reprendrai" Et moi dont, pardi :shock: Mais quelle machine de guerre, elle est hallucinante de volonté dans l'effort, je vois qu'elle est en train de se mettre minable complet mais elle fonce.
Je ralentis ( à peine ) sur la route, de toute façon elle m'a fumé puisque partie 5 min après ( 3 en fait finalement ). Allez on va finir ensemble, je suis content, jolie conclusion après nos heures d'entrainement communes pour ce triathlon. On coupe la ligne d'arrivée, c'est fait bordel !!! 7h5' à la montre, un quart d'heure de mieux que mes prévisions les plus optimistes. Heureux,soulagé,ému,satisfait...Toutes les Rilliettes ont fini la course et quelle course !

Ce week end magique se terminera en apothéose le lendemain,avec tous ceux du Half encore présents en support team de nos magnifiques Rilliettes sur le S,notamment nos "apprenties" triathlètes à l'énergie incroyable, et le jeune Adrien survolté qui fait la course de sa vie après avoir appris la veille au soir à 22h qu'il récupérait le dossard d'Hugo le fils de Crapa malheureusement forfait.Encore un beau moment de partage !
Big up à notre champion Loic époustouflant sur le XL, à notre Atrien ( Rilliettes un jour, rilliettes toujours ) qui a lui aussi brillamment sonné la cloche.

Vivement la prochaine longue tabasse :onfire: :onfire: :onfire:


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MessagePosté: Samedi 15 Juin 2024 8:27 
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Enregistré le: Samedi 18 Février 2017 0:30
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Toujours un plaisir de lire ces CR ….. bravo pour vos courses et vos récits .

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2017 : Triathlon M Nice
2018 : Polar Cannes International / M Alpe d’huez
2019 : IM 70,3 Aix en Provence / IM 70,3 Vichy
2021 : IM 70,3 Nice
2022 : IM Nice
2023 : Challenge Fréjus / IM 70,3 Rapperswil-Jona
2024 : IM 70,3 Les Sables d’Olonnes


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MessagePosté: Samedi 15 Juin 2024 8:50 
Bravo pour votre course et vos CR.
À vous lire je regrette de n’avoir pas été avec vous, mais je n’ai pas réussi à franchir l’épreuve de l’inscription de février


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MessagePosté: Samedi 15 Juin 2024 13:34 
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Enregistré le: Samedi 06 Octobre 2018 21:24
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J'ai tout lu!
Bravo à toutes les rillettes
Vous avez assuré, quelle classe !!!

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